Une crise est un trouble dans une évolution, un moment fort qui a rarement une connotation positive.
En général, la crise marque la transformation d’un état critique en quelque chose de catastrophique.
On prétend que dans certains cas, la crise marque le début de la guérison ou le début d’une amélioration.
C’est faux, bien entendu : au sortir de la crise, le nouvel état est peut-être stable mais toujours moins bon qu’avant la crise.

Depuis 1973, le monde gère une dégénérescence du Système qui se traduit par une succession de crises-paliers.
Mais la civilisation s’enfonce vers les profondeurs.

Il s’agit de prolonger le decay le plus longtemps possible. (C’est musical, le decay).

Et les gestionnaires sont de plus en plus démunis, leurs seules compétences consistent à faire de l’argent de toutes les manières possibles.
Ensuite, en fin de palier, ils se tirent avec la caisse et c’est le monde de demain qui devra payer.

On n’a pas le choix, c’est ça ou la catastrophe économique mondiale, le partage universel de la misère et la chasse aux nantis.

La crise de l’immobilier américain est un bon exemple de l’incompétence des gestionnaires.

Les taux d’intérêt étaient bas, ils ont emprunté beaucoup pour louer cet argent un peu plus cher à des personnes non solvables.

Voilà des gens, des financiers et leurs hordes de conseillers ingénieurs, peut-être manipulés par des politiciens (ne pas confondre avec hommes politiques) qui ont cru que pour générer de la richesse, il suffisait de permettre aux citoyens même les plus démunis d’acheter des immeubles sans avoir le moindre sou d’avance et sans garanties, sans apport initial.

On n’avait jamais vu ça.
Pour une raison inconnue, ces prêteurs ont cru à la croissance continue, qui est pourtant un mythe.
Personne ne leur avait dit que l’immobilier, ça va et ça vient ?
Quand les petites gens surendettées ont commencé à ne plus savoir payer, le marché de l’immobilier a commencé à s’effondrer.
Plus personne n’a voulu investir dans des prêts hypothécaires insolvables.
L’argent est redevenu cher, les petites gens ont perdu leur maison, le monde a été obligé de payer pour éviter le cataclysme de la chute en dominos des institutions bancaires.
Les investisseurs se sont repliés sur les valeurs traditionnelles comme l’or, qui flambe.

Beau boulot, les gestionnaires !
Combien vous fûtes malins et avisés !

Et cette crise est loin d’être terminée.
Le monde paiera l’avidité d’une poignée d’hommes malins et qui ont su s’enrichir par une récession qui durera peut-être quatre ou cinq ans.

D’autres crises s’annoncent, prévisibles.
Celle du transport aérien, par exemple.

Les avions ne sont pas près de fonctionner à l’huile de colza, d’accord ?
Et le pétrole se raréfie, il devient de plus en plus cher et son prix ne diminuera plus.
D’ici vingt ans, peut-être moins, le week-end aux Canaries deviendra un luxe somptueux.
Voilà qui va bouleverser les cartes des destinations et la valeur des infrastructures.
Il faudra envisager autrement la rentabilité des passagers mais aussi celui du courrier et, bien entendu, celui de la construction aéronautique et des agences de voyages.

C’est donc aujourd’hui qu’il faut voyager :)
On racontera aux gosses, plus tard, comment c’était bien, de notre temps.

D’autres crises ?
Regardez autour de vous. Tout se passe comme si les décideurs, les dirigeants, et même les élus, n’avaient rien d’autre en tête que piller la planète, réaliser l’actif et se tirer avec la caisse.

Mais ils comptent se tirer où, au juste ?

[ Désolée pour ce billet morose, j’ai encore succombé à la tentation de lire le journal. ]

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