Au début de janvier, Avalon s’entoure parfois d’une mer froide dont l’isolent les trois enceintes du dunn que les Celtes croient le leur mais qui vient de bien plus loin dans l’hyperboréal.
Alors, il faut aller chercher l’eau là où elle se trouve, tout en bas de la mémoire, tout au fond des souvenirs et s’y plonger, nu, pour un nouveau baptème.
Les puristes le savent bien, la musique permet cette renaissance.
Pour Avalon, les classiques ont tous échoué parcequ’ils sont trop attachés à la terre et trop enclins à mesurer le temps, cette dimension qui n’existe pas.
Mais la voix a continué à porter la tradition du retour, que ce soit en Islande, en Irlande ou dans les finistères de France, de Belgique ou d’Espagne.
Les grégoriens, les bulgares, les kabyles ne chantent pas autre chose mais leur soleil est moins froid et leurs mers moins profondes, et leur espoir plus coloré.
Et ils sont tournés vers le sud, aveuglés par la lumière trop chaude.
Au nord, les modernes ont réinventé les instruments qui évoquent le ressac, le vent, la brume et les profondeurs.
Un zeste de Soft machine, un soupçon de Art Lande, les cornes de Jan Garbarek, autant pour des références mais un trait de pur génie et voilà Hjartað hamast de Sigur Ros, un billet open pour la résurrection.
Et Avalon dans tout ça ?
C’est le titre du dernier morceau de cet album Agætis byrjun paru en 1999 en Islande et un an plus tard sur le continent.
Autrement dit : on termine par Avalon.
On y retourne, même si on ignore qu’on en venait au début.
Occurences
Dans mes Chroniques, ce chant inspiré en 2006 par une image de Gabriel : Le chemin pour Avalon
Sur youTube, une introduction pour ceux qui, inexplicablement, ne connaîtraient pas Sigur Ros : Saeglopur (de l’album Takk).
Le site de Sigur Ros pour des extraits de : Agætis, et aussi des textes, des vidéos et des images.