Fascination

 
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Noir et blanc, tweed et nostalgies ...


Fascination
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Marinela
S o t o n c i c


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Fascination, c'est d'abord et pour toujours cette chanson de Paulette Combes-Darty, Madame Darty, qui sut, à l'égale des plus grandes, se retirer des lumières de la rampe au moment qui lui convenait.

C'est de Belle Epoque, et forcément je craque, comme pour d'autres tournants splendides de notre société, donc comme pour Bogart, pour Barbara et Ferré et Gabin et tant d'autres qui passent en noir et blanc dans mes rêveries.

J'ai une fascination pour tout ce qui est moderne mais pré-informatique en fait, je m'en suis aperçue par hasard en échangeant des impressions avec un photographe, on parlait de la fin de l'argentique, il se remettait en question et je l'encourageais en lui montrant ce que le numérique était capable de produire de beau et de fascinant, nous avons choisi ensemble la photo d'arrière-plan de cette chronique, photo que je devrais placer à l'entrée du site m'a-t-il dit - on verra.

Vivant du numérique et par le numérique, je trouve ma nostalgie dans l'analogique des neiges d'antan, et c'est là aussi que le romantisme m'attend.

Mais je ne trouve pas que je sois née trop tard dans un monde trop vieux, loin de là.
Tout ce qui me convient est dans cette époque où je vis, je suis libre de puiser dans le passé proche ou lointain si le besoin me prend de ralentir le temps, je doute qu'à une autre époque j'aurais pu, j'aurais été comme vissée dans ma durée, obligée de la parcourir sans regarder ni devant ni derrière, le regard rivé sur l'endroit où mon pas levé va se poser.

En même temps, j'observe que beaucoup de gens vivent ainsi, au jour le jour, et qu'ils s'en portent bien, même si souvent ils ne voient pas le mur sur lequel ils vont s'écraser ...
Ou bien ils le voient, le mur, mais ils n'en ont cure et ils courent, ils stressent, ils fument, ils prennent au pied de la lettre la formule Je vis ma vie comme je veux et tant pis non seulement pour les autres mais aussi pour ceux qu'ils seront, eux, demain.

Parfois, la course de ces lemmings vers une terre promise qui n'existe plus, qui n'a peut-être jamais existé, cette course me fascine et j'y participe un peu, sans en avoir besoin pour autre chose que les accompagner, jusqu'au moment où je me retranche à nouveau pour reprendre mon souffle, pour me placer hors de danger.

Je retrouve alors la fascination pour les choses pérennes, celles que l'homme pourra réinventer quoi qu'il arrive, les tissus, les jardins, les alcools, la musique, les chansons et les danses.

Un jour, je m'arrêterai là, dans le jardin du noir et blanc, pour n'en plus sortir, jamais.

Demain, peut-être ?



© 2006 - Sarah le Hardy


"Tweed tweed tweed" : parole de téléphone.
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