Ensembles et sous-ensembles, tous ensemble ?
Illustration
Iwan B e i j e s
16 septembre 2004
Quoi qu'en dise l'ami Jocrisse, une communauté est un état de fait, le constat de l'existence
d'un groupe d'individus qui ont un point commun.
A partir de quel nombre d'individus peut-on parler de groupe, cela dépend des lieux
et des époques.
La communauté scientifique est un groupe dont il est difficile de dénombrer les membres, par exemple.
La communauté des mangeurs de pommes est tout aussi difficile à cerner et on peut évidemment
la subdiviser en communauté des mangeurs de pommes occasionnels et en communauté des
mangeurs de pommes qui ne bouffent que ça, les cons ... entre aitres.
C'est un jeu d'ensembles et de sous-ensembles.
L'erreur fondamentale est de confondre communauté (état de fait) et
association (contrat délibéré).
Les Américains des USA prêtent allégeance au peuple des Etats-Unis : c'est un contrat, le peuple
américain est une association.
Rien de tel en France : le peuple français est une communauté.
Dès votre naissance, vous êtes embarqués dans au moins deux communautés : la nationalité et la
religion. Personne ne vous demande votre avis et quand vous êtes mature et capable de choisir,
en fait vous ne l'êtes plus, le conditionnement nationalité/religion vous a tellement imprégné
que le mieux que vous puissiez faire c'est pédaler dans la choucroute.
Je ne parle même pas de l'atavisme politique qui lui aussi oblitère votre libre-arbitre.
Clairement : se prétendre libre, c'est se leurrer soi-même.
La communauté des Outers existe bel et bien.
C'est un lieu idéal pour expérimenter l'aboutissement du processus
de libération des conditionnements. Expérimenter ne signifie pas ici instaurer de nouvelles règles
mais bien observer l'absence de toute règle.
Dans la PR, pour permettre la cohabitation pacifique d'individus animés par des instincts
basiques ("j'ai besoin, je prends"), il existait trois filets :
- la religion;
- la morale;
- la loi.
Il s'agissait bien de filtres destinés à empêcher chacun d'agir selon son bon plaisir.
Je ne vais pas développer le pourquoi ni le comment, mais certains ont rêvé de faire sauter ces
freins et y sont parvenus, laissant seulement la loi. Mais la loi passe par les tribunaux, qui
interviennent après qu'un individu aît outrepassé ses droits, les jugements n'ont aucun effet préventif et le processus est
organisé comme un jeu de règles - c'est celui qui connaît le mieux les règles qui gagne, la Justice
n'a absolument rien à voir avec la Loi.
Bref. Débarassé de la religion et de la morale, l'homme enfin libre s'en remet à la Loi et
s'il n'est pas idiot il sait qu'avec de l'argent, et/ou de la notoriété et/ou des relations, la Justice
peut fermer un oeil, ou les deux, ou même aller faire un tour au bistro du coin pendant que
ça se passe.
Selon que vous soyiez puissant ou misérable ... reste d'actualité, prétendre le contraire serait faire insulte
à l'intelligence.
Mais dans cette PR, au moins reste-t-il des sanctions.
Légères, évidemment, on n'en est plus à marquer au fer rouge ni à guillotiner (c'est Mitterand, le
grand démocrate, qui a aboli la peine de mort en France, ceci contre l'avis du peuple français;
bravo à lui, on ne poussera pas un Fourniret sur la planche, on n'est pas des sauvages).
Dans les Outers
Dans les Outers, il n'y a aucune règle.
Ni religieuse ni morale ni légale.
Donc aucune sanction.
C'est la liberté à l'état pur.
L'anarchie.
Chacun pour soi.
En fait, il y a bien un Dieu, c'est l'administrateur du serveur de test, mais
j'en parlerai une autre fois, de Dieu.
Cette infinie liberté déstabilise les plus frileux, les plus fragiles, ceux qui
ont absolument besoin d'un cadre et de références.
C'est pour ceux-là qu'existent des sous-ensembles réglementés et rassurants tels
que Lutèce par exemple.
Que ces sous-ensembles tentent d'étendre le champ de leur
religion, de leur morale et de leurs lois dans le reste des Outremondes, c'est
légitime quoique voué à l'échec.
Que certains dans les Outremondes tentent de domestiquer certains instincts - je pense
précisément à la Netiquette selon Sarah - et donc d'instaurer des règles morales sous
couvert d'art de vivre ( Faites comme ceci, vous vous en porterez mieux et les autres aussi ),
c'est dérisoire et, d'une certaine manière, contradictoire avec le principe de liberté totale.
Certains sont tout simplement incapables de supporter cette infinie liberté des
Outers, et ils les quittent pour des cieux moins stressants - après tout, ils étaient
venus pour s'amuser, pas pour souffrir ou se prendre la tête.
Récemment on a ainsi perdu Tournesol et Swaffette, hé oui.
Et d'autres se sont tirés aussi, d'une certaine manière.
Et l'hémorragie n'est pas terminée.
La communauté libertaire des Outers est peut-être destinée à permettre
à chacun de tester sa propre tolérance à la liberté.
Le renouvellement permanent de sa population serait alors un processus naturel.
Tenter de stabiliser la population, ce serait instaurer des règles et, forcément,
développer des moyens de cœrcition.
Donc altérer la nature même des Outers et les vider de tout intérêt.
L'autre moyen consiste à développer et à tenter de maintenir un climat de sérénité
et une dynamique de créativité.
Tout ça dans la joie et la bonne humeur, ça va de soi :)
DEDRAMATISONS
Tout ça est très chouette, fun et sympa, je vais pas
me laisser gâcher le plaisir :)
© 2004-2005-2006 - Sarah le Hardy
La morale du Parking, c'est bon pour le Parking.
Illustrations © the noticed authors
All other materials
Copyright
Ami-chien.com